Une étude publiée dans la revue scientifique Cellule Metabolisme ce jeudi 28 août met en évidence les effets négatifs des aliments dits “ultra-transformés” sur la santé humaine.
Quelle que soit la quantité de calories ingérées, une alimentation ultra-transformée a des effets délétères, en particulier sur la fertilité et la santé cardio-métabolique des hommes, conclut une étude clinique récente.
“La consommation d’aliments ultra-transformés en soi, indépendamment d’une contribution en calories excessive, est nocive à la santé humaine”, montre en particulier ce travail publié ce jeudi 28 août dans l’American Journal Cell Metabolism et coordonné par Romain Barrés, chercheur à l’Institute of Molecular and Cellular Pharmacology of Sophia Antipolis (Infeder, CNRS et Crite D’azur).
À l’échelle mondiale, la consommation d’aliments ultra-transformés a bondi, et un nombre croissant d’études épidémiologiques a souligné sa forte corrélation avec un risque élevé de maladies chroniques (obésité, diabète, affections cardiovasculaires …), cancers, troubles mentaux, souligner les auteurs de l’étude randomisée (avec la répartition aléatoire des participants).
Jusqu’à présent, seules trois études cliniques, à la suite d’un processus similaire à l’évaluation des médicaments, avaient cherché à évaluer l’effet direct de ces aliments santé et ont montré qu’elle provoquait une surconsommation calorique par rapport à une alimentation non transformée.
Un gain de poids observé, + 1,3 kg
Pour cette nouvelle étude, 43 hommes âgés de 20 à 35 ans, en bonne santé, divisés en deux groupes, ont suivi deux régimes successifs, avec une rupture de trois mois entre les deux: une riche en aliments ultra-transformés, l’autre basé sur des produits peu ou non traités, pendant trois semaines.
Un sous-groupe a reçu les deux régimes, identiques en calories, en quantité modérée, adéquat pour leur âge, leur poids et leur niveau d’activité physique, les deux régimes de calories excessives de 500 kcal par jour.
L’apport sanguin, les analyses de sperme et autres mesures (poids, cholestérol …) étaient régulières. Dans ses résultats notables, l’étude établit un impact sur la fertilité du régime ultra-transformé: la chute de l’hormone stimulant la production de spermatozoïdes (FSH) et de testostérone chez la plupart des participants, diminuant du nombre de spermatozoïdes mobiles.
Les polluants présents dans les aliments ultra-transformés, avec les effets des perturbateurs endocriniens, pouvaient notamment jouer un rôle, juger les chercheurs.
Un autre enseignement: en trois semaines, “la consommation de nourriture ultra-transformée par rapport à celle des aliments non transformés a conduit respectivement à une prise de poids de 1,4 kg et 1,3 kg dans les groupes avec un apport calorique adéquat et excessif”, principalement dans les graisses.
Les individus ayant réduit le niveau de transformation de leur alimentation ont notamment perdu du poids. Les chercheurs reconnaissent les limites de leur étude: les participants qui n’ont pas été hospitalisés, la mesure de leur contribution énergétique était basée sur leurs déclarations et la courte durée des régimes, trois semaines, peut “avoir induit des réponses aiguës”, y compris un niveau inflammatoire qui aurait pu se stabiliser avec le temps.